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Nous vous proposons un très grand choix d'objets variés de décoration, du porte-clef aux grandes statues, représentatifs de l'artisanat africain.
A la question l'art africain est-il un art?
La réponse est ...normande: oui et non. De fait, il est impossible de voir l'art africain avec les mêmes critères, les mêmes canons et les mêmes yeux que ceux que nous portons sur la production artistique occidentale.
Dès lors et depuis longtemps, les exégètes ont contournés l'obstacle en qualifiant selon les époques la création du continent noir "d'art nègre " ou plus récement "d'art primitif".
Mais si l'on prend pour définition de l'art: les domaines dans lesquels les facultés créatrices de l'homme peuvent s'exprimer un idéal esthétique" alors ce n'est pas le qualificatif "africain", "nègre" ou "primitif" qui est impropre , mais le substantif "art" qui serait utilisé à tort. Tout simplement parce que la notion de beau n'a rien à voir dans la création africaine, (tout au moins dans la partie subsaharienne qui nous intéresse içi, le Nord arabe et musulman relevant d'une toute autre culture, même s'il n'est pas sans influence sur une bonne partie de l'Afrique noire).
Allons donc droit au but, l'esthétique n'étant pa la finalité de "l'art africain", il n'avait à priori aucune prédisposition à orner nos cases occidentales. Si c'est aujourd'hui le cas, et au-delà de l'effet de mode impulsé par le remarquable "musée du Quai Branly", au-delà aussi de la production de pacotille des échoppes à touristes, c'est bien que "l'Art africain" dégage une réaction émotionnelle incomparable , une "charge magique".
Et c'est bien de cela qu'il s'agit: en effet, l'essentiel des statues, des masques, objets de pouvoir, fétiches, reliquaires, siéges et autres gris-gris, ont une fonction rituelle bien précise pour un individu, une famille, un clan, ou un village. Nombre de piéces sont sculptées par le forgeron sur prescription du devin ou du sorcier, pour résoudre un probléme de santé, de fécondité, de culture ou de richesse. Un peu comme chez nous un médecin préscrirait aprés consultation, un médicament ou un traitement!
Egalement nombre d'ethnies croient à l'existence dans l'au-delà d'un jumeau pour chacun de nous.
Jumeau souvent irascible et jaloux, dont il convient de soigner les humeurs en honorant sa représentation (statuette) par des offrandes régulières.
Ce sont encore des représentations antropomorphes ou zoomorphes dont une cavité contient une charge magique concoctée par le devin et dont toute utilisation par un tiers autre que le destinataire, pourrait être dangereuse, voire fatale.
De même, les masques aux expressions si diverses sont-ils des éléments indispensables aux cérémonies de toutes natures, pour un mariage ou un décès, mais aussi pour les étapes qui marquent les rites initiatiques de l'individu à différentes périodes de sa vie, par des sociétés secrètes souvent très fermées.
On le voit, la plupart des objets "d'art africain" s'avèrent avoir un objectif bien précis, le plus souvent intuiti personae: aussi, lorsque son usage est achevé, sa charge magique est épuisée et l'objet n'a plus aucune importance, il est oublié ou jeté comme un vulgaire emballage.
Généralement, les termites et la pourriture en viendront à bout.
On comprend alors aussi dès lors que les notions de style ou d'ancienneté dans lesquels nous répertorions chez nous nos oeuvres d'art n'ont içi guère de sens. C'est la tradition orale et manuelle, se transmettant de génération en génération, qui fera qu'une statuette d'aujourd'hui aura les mêmes caractéristiques qu'une autre ramenée par un colon au XIX siécle.
D'ailleurs, peu nombreuses sont les oeuvres du quai Branly antérieures au XX siécle.
Par contre, d'une ethnie à l'autre, d'un pays à l'autre, voire d'un village à l'autre, les représentations pourront varier à l'infini, même si quelques détails spécifiques permettront aux spécialistes de déterminer l'ethnie d'origine.
Pour le collectionneur, tout le charme de sa quête est là: dans la diversité inouïe des formes et des couleurs, dans les expressions les plus inimaginables et surtout dans la profonde émotion dégagée, allant même jusqu'au malaise devant certains masques.
En même temps, c'est toute l'âme africaine qui s'exprime et vous envahit, sa magie, sa torpeur, ses palabres. Si loin de notre rationalité occidentale.
Alors "art" ou "pas art". Quelle importance quand à elle seule une statue a le pouvoir "magique" de vous faire voyager comme vous ne le ferez jamais en simple touriste.
Texte écrit par Monsieur ALAIN VEYRET, publié dans la revue "ECO§VOUS n° 14 de mai 2007
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